La reconstruction Mammaire

Vous avez subi ou devez subir une mammectomie ? Cette intervention consiste à vous enlever un ou les seins, et conduit donc à la perte d’une partie de votre féminité. Dans la plupart des cas, l’ablation d’un ou des seins devient une nécessité médicale à la suite d’un cancer de cette partie du corps ou d’un accident, etc.

Cette amputation d’une partie de votre corps va certainement vous posez des problèmes d’ordre physique et esthétique, voire psychologique du fait que vous aurez certainement le sentiment d’avoir totalement perdu votre féminité. A la longue, ces problèmes finiront inexorablement par détériorer vos relations avec vos proches, et surtout celles avec votre partenaire.

Mais une solution existe. Afin de vous libérer de cet enfer difficile à vivre et de mettre fin à la torture psychologique qui vous ronge chaque jour, retrouvez votre sein grâce à reconstruction mammaire.

Cette intervention a pour objet de restaurer le sein amputé et vous permet par la même occasion de retrouver votre féminité. Elle consiste à rétablir le volume et le pourtour du sein. La reconstruction mammaire a également un but esthétique étant donné qu’elle permet de rétablir la symétrie entre les deux seins.

La reconstruction mammaire se fait en trois étapes ou encore temps opératoires, qui peuvent être associés ou non. La première étape consiste à la reconstitution du volume du sein tandis que la deuxième étape procède de l’ajustement de la poitrine, enfin lors de la troisième étape on pratique le rétablissement de la plaque aréolo-mamelonnaire. En principe, il faut observer une intervalle de trois mois au minimum entre chaque étape, ce qui fait que vous pouvez retrouvez un sein parfait au maximum au bout de un an, et adieu tous les problèmes !

On peut effectuer la reconstruction mammaire en décalage de la mammectomie, quoiqu’on peut aussi la réaliser juste après l’amputation du sein. Habituellement, une reconstruction mammaire opérée en décalage de la mamméctomie se fait une année après la radiothérapie. L’inconvénient majeur de cette pratique est que vous allez devoir supporter les regards des autres pendant un an, et ce sentiment d’avoir perdu votre féminité peut retentir sur toute votre vie.

Il vaut mieux donc opter pour une reconstitution mammaire immédiate. Elle est réalisée en même temps que la mammectomie. Elle permet de mieux supporter psychologiquement la mammectomie et un retour plus tôt et plus aisé dans la vie quotidienne. Elle facilite aussi la reconstruction et permet de retrouver un sein très proche du naturel. La reconstruction immédiate permet même de réduire le nombre de temps opératoires.

RESTAURATION DU VOLUME

La restauration du volume est la première étape de la reconstruction mammaire. C’est l’étape la plus laborieuse. Le temps de repos et de rétablissement sera donc plus long. Dans une restauration du volume, les chirurgiens ont le choix entre l’utilisation des implants mammaires, de lambeaux ou l’association de ces deux méthodes.

Les prothèses mammaires peuvent être soit des prothèses en sérum physiologique soit des prothèses pré remplies de gel de silicone. Elles sont mises en place derrière le grand pectoral, et cette opération prend un temps relativement court, au maximum une heure. La modalité d’opération ressemble toute implantation de prothèse. En raison de sa qualité, la prothèse pré remplie de gel de silicone est souvent préférée à la prothèse en sérum physiologique. Elle donne un résultat très proche du naturel, c’est-à-dire qu’elle a un aspect esthétique plus réussi. L’intervention est suivie d’une hospitalisation de deux à cinq jours et le port constant (jour et nuit) d’un soutien gorge de soutien pendant un mois est obligatoire. Quand à l’utilisation de lambeaux pour restaurer un sein, elle consiste à greffés sur l’emplacement du sein des tissus provenant des autres parties du corps du patient lui-même. En général, il s’agit des tissus du grand dorsal et du droit de l’abdomen. Auparavant, les lambeaux du grand dorsal étaient les seuls utilisés en implant mammaire mais plus maintenant. Cette méthode consiste à enlever le lambeau du grand dorsal pour être basculé dans la loge mammaire par un conduit ou tuyau. Une restauration mammaire qui n’utilise pas de prothèse présente beaucoup d’intérêt car le sein paraît plus naturel. En d’autres termes, son évolution n’est pas liée à celle de l’implant et cette technique réduit énormément le nombre de retouches et de reprises à distance de sein. La durée de cette intervention est de trois à trois heures et demies. L’hospitalisation dure au maximum une semaine. Durant trois semaines, la patiente doit poursuivre les soins locaux ultérieurs à l’intervention. Le port d’une gaine de contention dorsale est impératif car il limite les risques de lymphocèle dorsale. Le prélèvement de lambeau ne laisse qu’une trace très minime et ne handicape pas les gestes quotidiens. Le délai de récupération à la suite de ce prélèvement et de l’intervention est très court. Quelques séances de kinésithérapie permettent de soulager la zone de prélèvement.

On a recours au même procédé pour utiliser le lambeau du droit de l’abdomen. La différence réside dans le système de conduite et la canalisation de tissus extraits. Pour faire basculer les tissus dans la loge mammaire, on se sert d’un tunnel épigastrique. L’utilisation du lambeau de droit de l’abdomen nécessite une intervention et une hospitalisation un peu plus longues. L’hospitalisation dure moins de dix jours et les soins locaux doivent être effectués pendant trois à quatre semaines. Le port d’une gaine de contention abdominale est aussi indispensable.

LA SYMETRISATION

Trois mois au minimum après la restauration de volume, le chirurgien peut procéder à la symétrisation mammaire. C’est une étape indispensable pour équilibrer le volume et la forme de deux seins. Etant donné que la reconstruction mammaire est plutôt une intervention d’ordre esthétique, on peut dire que cette étape est très importante car elle permet d’harmoniser le volume des deux parties de la poitrine. Par rapport à la restauration de volume, la symétrisation est moins pénible et elle ne nécessite que quelques jours d’hospitalisation. Elle s’applique aussi sur bien le sein controlatéral que sur celui reconstruit, en tenant compte de l’aspect de votre poitrine, de votre avis et de celui du chirurgien. La technique utilisée peut être soit la mammoplastie de réduction, soit la mammoplastie d’augmentation par implant. L’utilisation de l’une ou de l’autre technique dépend du fait que le sein controlatéral soit ptosé ou hypertrophique. On procède à une mammoplastie de réduction, si le sein est hypertrophique. Cette technique consiste à harmoniser les deux seins en ajustant le mamelon et l’aréole en débarrassant l’excès cutané. La mammoplastie de réduction est une intervention qui se fait sous anesthésie générale et dure entre une heure et une heure et demie. Elle est suivie d’une hospitalisation de deux à trois jours. Durant trois semaines, la patiente doit poursuivre les soins locaux ultérieurs à l’intervention. Le soutien-gorge de contention est toujours nécessaire comme lors de l’étape précédente. Il doit être porté en permanence le jour comme la nuit, et ce pendant près d’un mois. Dans le cas contraire, c’est à dire si le sein controlatéral paraît plus important que le sein reconstruit, il est préférable d’augmenter son volume par une mammoplastie d’augmentation par implant. L’intervention dure trente minutes à une heure. Le port permanent d’un soutien-gorge de contention pendant un mois et jour et nuit est toujours obligatoire. Les techniques utilisées sur le sein reconstruit sont le lipomodélage ou la lipostructure.

Le lipomodelage, avec le système d’autogreffe, permet d’accroître le volume et le pourtour du sein reconstruit. L’autogreffe signifie qu’on effectue une greffe en utilisant les propres tissus adipeux de la patiente. Cette intervention ne peut être envisagée que si l’étape de la restauration de volume a été faite sans implant mammaire. En d’autres termes, elle ne peut être utilisée qu’après une opération de restauration de volume par lambeau, surtout celle utilisant le lambeau de grand dorsal autologue. L’avantage de la lipomodélage est qu’elle permet de faire une reconstruction sans utiliser d’implant. Elle est surtout recommandée pour les patiantes ont subi une restauration de volume avec des tissus autologues (de grand dorsal ou de droit de l’abdomen). La graisse est prélevée dans les parties du corps qui présentent une concentration plus ou moins importante de graisse : la paroi abdominale, les hanches, les régions trochantériennes ou les faces internes de cuisses ou les genoux. Pour extraire les cellules graisseuses, on procède par une petite lipoaspiration douce en utilisant une seringue ou une canule à partir de petites incisions, de l’ordre de 1mm. On isole les cellules graisseuses greffables par une centrifugation. Celle-ci permet d’éliminer les débris sanguins et huileux. L’injection de graisse nécessite aussi une canule à partir d’une petite entaille, de même diamètre. Elle doit être effectuée sur différents points pour accroître la surface de contact de tissus et afin d’assurer la survie des cellules graisseuses. L’intervention peut durer une heure et n’exige aucune hospitalisation car elle peut être faite en ambulatoire. Par contre, des soins locaux doivent être administrés pendant sept jours. Quand à la lipostructure, elle consiste à combler les vides ou les creux à l’aide de la graisse prélevée sur une autre partie du corps. Elle est utilisée généralement pour combler les rides.

LA RECONSTRUCTION DE LA PLAQUE AREOLOMAMELONNAIRE

Pour parfaire la reconstruction mammaire, une troisième étape qui consiste à reconstruire l’aréole et le mamelon est indispensable. Cette étape a pour but de parachever le travail de reconstruction mammaire effectué au moins six mois plus tôt. Par rapport aux deux étapes précédentes, elle est moins lourde. Elle permet d’obtenir un sein très proche du sein primaire et d’effacer toutes les cicatrices laissées par les deux étapes précendentes. La reconstruction mammaire se fait en deux étapes. On reconstruit d’abord l’aréole sur laquelle on implante un mamelon. L’intervention se pratique sous anesthésie locale et ne nécessite aucune hospitalisation. Quelques heures d’observation après l’intervention suffisent. La reconstruction de l’aréole peut être effectuée soit avec des greffes de peau soit avec un tatouage. Différentes parties du corps sont susceptibles de fournir la greffe à condition qu’elles aient la même coloration que la peau du sein. Etant donné qu’ils ont généralement la même coloration, l’aréole du sein controlatéral constitue la greffe la plus appropriée.

Quand à la technique de tatouage, elle est fréquemment pratiquée en raison des nombreux avantages qu’elle présente. Elle permet d’obtenir la couleur la proche possible de l’aréole sain grâce à l’utilisation des différentes couleurs disponibles. La technique de tatouage permet également d’éviter les désagréments susceptibles d’être causés par un prélèvement de greffe.

Comme la reconstruction de l’aréole, celle du mamelon peut également être effectuée avec des greffes. On peut aussi utiliser des lambeaux de peau. La partie du corps la plus favorable au prélèvement de greffe destinée à la reconstruction de mamelon est le mamelon du sein sain à condition qu’il présente un volume et une saillie assez importants. Sinon le mamelon du sein controlatéral ne suffit pas à rétablir le mamelon du sein reconstruit. Dans les cas où le mamelon sain ne remplit pas les conditions pour pouvoir être prélevé comme greffe, on peut faire un prélèvement sur le lobule de l’oreille ou sur la pulpe d’orteil. Cette étape de reconstruction aréolo-mamelonnaire peut être associée à la symétrisation dans le cas d’une reconstruction mammaire immédiate. Avec ce mode d’intervention, la reconstruction de l’aréole et du mamelon s’avère encore plus facile car on utilise seulement les enveloppes de la peau enlevée lors de la mammectomie, s’il est carcinologiquement possible dans le cas d’un cancer.